16 Consommé d’intolérance

Ce matin en emmenant mon petit dernier se faire stériliser, j’ai feuilleté un Elle d’automne qui traînait dans la salle d’attente. La couverture un peu terne promettait néanmoins un dossier sur la nouvelle virilité, il paraîtrait en effet que les hommes changent, comprenez que ça m’intéresse ! Tout ça pour présenter une brochette de mannequins-footballeurs-acteurs aussi fades les uns que les autres, en tête de gondole du rayon “métrosexuels”. Quelle poisse… si les marchands de laque voient leur clientèle multipliée par deux, alors la couche d’ozone n’a pas fini de se distendre… Dans ces conditions, l’homme, le vrai, celui que toutes les femmes, les vraies, aduleront en bloc d’ici une petite cinquantaine d’année sera … porteur d’écailles, garantes d’une descendance libérée des petits ennuis dermatologiques.

Bon j’avoue, j’ai pas lu l’article, juste étudié avec une moue dubitative les icônes de cette prétendue mutation… Keanu Reeves (mouais), David Beckham (c’est donc lui…), et les autres (me souviens plus).

Ce magazine est débile.

En prime, une interview de Juliette Gréco, dont je ne retiendrai que la formule lapidaire, que j’ai bien relue en lubrifiant mes globes oculaires : Björk, qui est une femme qu’elle admire beaucoup parce qu’en gros elle porte des costumes de scène encore plus fantaisistes que les siens, quelle audace, et bien cette chanteuse serait dotée d’ un physique ingrat. Juliette Gréco est un de ces monuments de la chanson française qui ne représentent rien pour moi, une chanteuse dont je ne connais pas la voix, que je n’identifie pas, et qui n’a jamais eu l’honneur de m’émouvoir. En tout cas, elle a l’air passablement conne, et refaite. Si ça ne tenait qu’à moi, elle se ferait euthanasier en deux temps trois mouvements, cette cruche. Je ne suis pas fan de Björk, non, non, mais impossible de garder son sang-froid à l’idée qu’un magazine aussi banalisé publie des phrases aussi stupides, y allant de sa contribution hebdomadaire à ce qui ressemble parfois à une vaste entreprise d’abrutissement totalitaire.

Elle est une merde qui me donnerait honte d’être une femme si je n’étais pas immunisée contre la culpabilisation ou l’illusion d’appartenir à une communauté de genre.

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